Plinio Corrêa de Oliveira

 

 

Vieillesse :

 

Décrépitude ou gloire ?

 

 

 

 

 

Catolicismo", N. 23, novembre 1952. Sans révision de l’auteur

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Que le monde moderne se trompe quand il ne voit que la décadence dans le vieillissement ! Quand on sait mieux estimer l'esprit que le corps, vieillir c'est grandir dans ce qui est le plus noble, l'âme. Bien que le vieillissement entraîne une décadence corporelle, il ne s'agit que de l'élément matériel de la personne humaine. Oui et quelle décadence ! En effet, le corps peut perdre sa beauté et sa vigueur, mais il peut s'enrichir de la transparence d'une âme qui a su se développer et grandir au cours de la vie. Cette transparence constitue la plus haute beauté que le visage humain puisse acquérir.

Sainte Marie-Euphrasie Pelletier est née dans l'île de Noirmoutier, de pieux parents, le 31 juillet 1796, et reçoit au baptême le nom de Rose Virginie. Elle entra dans la communauté du "Refuge" de Tours en 1814 et fit profession en 1816, prenant le nom de Marie Sainte Euphrasie. Elle devint la première maîtresse des pénitents peu de temps après sa profession et, huit ans plus tard, devint la supérieure de la maison de Tours. Désireuse d'étendre les avantages de son ordre jusqu'aux extrémités de la terre, elle vit clairement qu'il fallait établir une maison mère. Avec l'aide du pape Grégoire XVI, elle a fondé Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur d'Angers. Elle est décédée le 29 avril 1868 et sa fête est célébrée le 24 avril.

Au cours de sa jeunesse, rien de ce qui signifie la beauté lui a manqué : la fraîcheur de ses traits, la beauté de ses yeux et de sa peau, la distinction de son visage, la noblesse de son maintien, la vigueur et la grâce de son âge. De plus, la splendeur d'une âme claire, logique, vigoureuse et pure se reflétait sur son visage. Elle était un exemple magnifique d'une jeune fille chrétienne.

L’autre photo la montre dans sa vieillesse. Il ne reste qu'un faible reflet de son charme de la jeunesse. Pourtant, une autre beauté, plus élevée, brille dans ce visage admirable. Son regard a grandi en profondeur, une sérénité noble et imperturbable semble prédire la noblesse transcendante et définitive des bienheureux dans la gloire céleste ! Son visage conserve les marques des batailles dures de la vie intérieure et apostolique des saints. Il a atteint quelque chose de fort, d’accompli, d’immuable : c'est la maturité dans le plus beau sens du mot. La bouche est d’un trait droit, fin, expressif et qui manifeste une trempe de fer. Une grande paix, une bonté sans romantisme ni illusion, mais quelques restes de la beauté ancienne éclatent encore dans ce visage.

Le corps a décliné, mais l'âme a tellement grandi que maintenant tout est en Dieu, à rappeler les paroles de Saint Augustin : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est agité jusqu'à ce qu'il repose en Toi. »

Qui oserait affirmer que pour Sainte Marie-Euphrasie, vieillir a été vraiment une décadence ?


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